Il y a trente-cinq ans que Corine Pagny peint et dessine, préférant nettement la plume aux poils du pinceau pour saisir les images qu'elle porte en elle autant qu'elle les voit.
Ses oeuvres tournent autour de trois thèmes dominants : les carnavaleux du Nord, sa région d'origine – masques, grimages et grimaces- les danseurs et les nus – corps dépouillés, sans fard- selon une opposition qui est aussi une complémentarité entre tête et corps, mensonges et vérité, les deux subvertissant l'ordre social du quotidien.
Le nu est pour Corine Pagny une pratique régulière, à partir de modèles vivants au cours de séances d'atelier.
Corine Pagny laisse une grande liberté à ses modèles, elle leur demande de bouger, de faire parler leur corps silencieux.
Et pendant les quelques minutes durant lesquelles les modèles tiennent la pose, elle les « rend » sur papier.
Elle aime tester, expérimenter et elle utilise les supports aux textures les plus diverses -du papier kraft lisse et luisant sur lequel glisse le crayon au papier à fort grammage dans lequel la mine ou la plume s'enfoncent, en passant par le papier de riz- et aux couleurs variées – brun, bleu, gris, blanc, etc.
À la main, la mine de plomb, la plume d'encre de Chine tracent, au plus prêt du mouvement, les lignes que soutiendront les ajouts de craie, de fusain, de bâtons d'huile, d'aquarelle, d'acrylique et les lavis, qui traversent le papier et introduisent des touches délicates de couleur (ocre, bleu, doré, brun) : c'est dans ces rehauts plus qu'ailleurs que s'inscrit la présence de l'artiste, son regard, sa perception.
Les modèles ont deux poses principales, les deux axes du monde, la verticale et l'horizontale. À la verticale, les nus en pied ou assis évitent généralement la frontalité, présentent leur dos ou subissent des distorsions qui les dérobent, avec leur tête détournée ou penchée souvent disproportionnée par rapport au corps, lui-même incliné parfois jusqu'au repliement, les membres convulsés : Egon Schiele n'est pas loin.
À l'horizontale, les corps allongés, tendus, offerts, isolés ont une très forte charge érotique ; ils n'ont souvent pas de tête ou la tête est peu lisible, marquant ainsi l'absence à l'autre, ou peut-être son refus, dans la solitude fondamentale du plaisir semblant les habiter et leur donner une altitude d'existence qui dépasse le cadre et communique avec le cosmos.
Le nu ne laisse jamais indemne. Sa présence provocatrice, liée à la sexualité, parle du voyeurisme de l'atelier, de l'intimité entre l'artiste et son modèle et suscite un regard de désir, malgré soi.
Bataille voit l'érotisme comme «une dissolution des formes constituées». Cette dissolution, à l'œuvre sous le trait narratif de Corine Pagny, produit des nus empreints d'une vibration émotive qui happe et étreint celui qui les regarde.
Tels sont à mes yeux les nus de Corine Pagny.
Martine Jullien
EXPOSITIONS
2011
Pulsart Le Mans
Galerie Art Couture Dubai
2010
Le 111 Paris
Pulsart Le Mans
Ambassade de France Mascate,Sultanat d’Oman, exposition de croquis de paysages. « Oman au fil de l’encre »
Salon d’Etampes Prix du jury/oeuvre sur papier
Galerie Art Couture Dubai
2009
Galerie Art Couture Dubai.
Worksho
ps en Palestine,avec les enfants des camps de Bethléem et Jericho
Art VO .Cergy
2008
Le Off des Nouvelles Métamorphoses La Mothe St Héray
2007
Figuration Critique
Salons de Viroflay et de la Celle Saint Cloud
Le Off des Nouvelles Métamorphoses
La Mothe St Héray 2eme prix.
Rencontre des arts , Thevet saint julien
Festival des toiles à Ménerbes
Art Event Anvers
2006
The Great Artfair Londres
Salon d’Etampes,prix du jury
le Nautilosh Dunkerque
SIAC Marseille
Art Metz
Espace Pebeo Shanghai
Festival Ici & ailleurs Brest
2005
Shanghai Art Fair salon de printemps
Place des arts Strasbourg
Vœux d’artistes Lyon
Sélectionnée au Prix Georges Sand du carnet de voyage réel ou imaginaire
2004
Biennale du Carnet de Voyage Clermont Ferrand